Après deux décennies d’études, le projet visant à relier le Qatar et Bahreïn — ou inversement — par une chaussée surélevée de 40 km de long refait surface avec un nouvel élan. En janvier 2026, un contrat de 6,5 millions d’euros a été attribué au cabinet de conseil Dar Al-Handasah pour actualiser les études de faisabilité.

Les premières analyses du projet remontent à 2001, lorsque la société danoise COWI, spécialisée en ingénierie, architecture, énergie et environnement, a commencé à concevoir ce qui deviendrait, s’il se concrétise, la plus longue chaussée surélevée du monde, dépassant les 38,4 km du Lake Pontchartrain Causeway en Louisiane (États-Unis).

Le moment où le projet a semblé le plus proche de sa réalisation fut en 2008, lorsqu’un consortium dirigé par Vinci Construction Grands Projets a signé un contrat de conception et de construction d’une valeur de 2,5 milliards d’euros.

Le consortium réunissait des acteurs majeurs : Vinci, Qatari Diar, Hochtief, CCC et Deme Group. Pour la conception architecturale des deux ponts principaux, les architectes français Thomas Lavigne et Christophe Cheron avaient été intégrés à l’équipe. Par ailleurs, la société belge Greisch, experte en ingénierie structurelle et en ouvrages d’art, a optimisé l’avant-projet dans le cadre d’un important travail d’ingénierie de détail. C’est notamment elle qui a introduit l’usage de l’acier dans les structures principales afin d’alléger les charges et de franchir des portées atteignant 250 m dans le tablier principal.

Le tracé de la chaussée, destinée à accueillir à la fois trafic routier et ferroviaire, combine 18 km de digues artificielles et 22 km de viaducs et ponts. Parmi ces derniers, deux permettront de franchir les routes maritimes avec une hauteur libre de 40 m. Côté qatari, la connexion serait située à Ras Eshairij, au sud de Zubarah, tandis qu’à Bahreïn elle aboutirait au nord d’Askar. La liaison réduirait le temps de trajet entre les deux pays, actuellement d’environ 5 heures en ferry, à près de 30 minutes.

Après plusieurs crises ayant freiné son avancement, le projet a été relancé en 2021, suivi de rencontres bilatérales régulières entre les autorités des deux pays. En février 2024, celles-ci ont convenu de restructurer le conseil d’administration du projet, étape administrative nécessaire pour en débloquer le fonctionnement. Les mois suivants ont consolidé cet élan avec l’attribution des nouvelles études de faisabilité, laissant entrevoir une possible concrétisation de cette méga-infrastructure stratégique dans le golfe Persique.

Sources: Wikipedia, Construction Week Online, Bureau Greisch, Lavigne & Cheron Architects.
Images: Bureau Greisch y Lavigne & Cheron Architects.

Avez-vous aimé cette nouvelle? Partagez-la sur vos réseaux!