L’éclairage naturel fait partie de l’histoire de l’architecture depuis ses débuts et son évolution a suivi de près les développements techniques, culturels et sociaux. Jetons un bref coup d’Å“il sur cette évolution :

Dans les civilisations anciennes, comme celle des Égyptiens, la lumière ne remplissait pas seulement une fonction pratique, mais avait aussi un fort symbolisme. Cela est évident dans des temples comme Abou Simbel, où les rayons du soleil illuminaient les statues sacrées à des moments précis de l’année, ce qui conférait une signification spirituelle à l’utilisation de la lumière. Les Grecs, quant à eux, utilisaient la lumière pour souligner les proportions et l’équilibre dans leurs temples, comme le Parthénon. Les Romains, quant à eux, ont perfectionné la technique avec des éléments tels que l’oculus du Panthéon, qui non seulement éclairait l’espace intérieur, mais reliait également l’édifice au cosmique et au divin.

Architas - CC BY-SA 4.0

Au Moyen Âge, la lumière acquiert une dimension mystique, en particulier dans l’architecture religieuse. Les cathédrales gothiques, comme Notre-Dame, sont conçues pour s’élever vers le ciel. Les fenêtres et les rosaces y filtrent la lumière selon des motifs complexes et multicolores. Cette lumière n’avait pas seulement une fonction pratique, mais renforçait le symbolisme spirituel de la divinité et de la transcendance.

La Renaissance a ravivé les principes classiques de proportion et d’harmonie. Des architectes tels que Bramante et Michel-Ange ont intégré des dômes et des lucarnes dans leurs projets afin d’optimiser l’entrée de la lumière naturelle dans des bâtiments tels que la basilique Saint-Pierre. Plus tard, à l’époque baroque, la lumière a été utilisée de manière spectaculaire par des architectes comme Bernini. Il jouait avec les ombres et les lumières pour créer des contrastes qui soulignaient les éléments clés des espaces et donnaient à l’architecture un caractère théâtral.

Jorge Láscar - CC BY 2.0

La révolution industrielle a entraîné l’utilisation du verre et de l’acier, ce qui a permis la création de grands espaces éclairés, tels que les gares, les usines et les serres. Un exemple emblématique de cette période est le Crystal Palace à Londres, où la lumière, adaptée aux nouveaux besoins sociaux et économiques, est devenue à la fois une ressource technique et un outil esthétique.

Au XXe siècle, le mouvement moderne a fait de la lumière l’un des éléments fondamentaux de la conception fonctionnelle. Des architectes comme Le Corbusier ont optimisé l’utilisation de la lumière naturelle avec des solutions telles que les fenêtres en ruban et les brise-soleil, qui améliorent l’éclairage intérieur et le confort thermique.

Aujourd’hui, la durabilité est au cÅ“ur de l’architecture et la lumière naturelle joue un rôle essentiel à cet égard, avec la création d’espaces économes en énergie. Des projets tels que le musée du Louvre à Abou Dhabi associent l’efficacité énergétique à une conception qui maximise l’utilisation de la lumière du soleil. En définitive, l’éclairage naturel a transcendé le rôle spirituel qu’il jouait dans l’Antiquité pour devenir un élément clé de la durabilité environnementale.

Boubloub - CC BY-SA 4.0

Par Guillermo Ferrer, architecte principal au département d’architecture d’Amusement Logic

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