La méthode Miyawaki est une technique d’ingénierie écologique qui transforme aujourd’hui les paysages urbains du monde entier, de Paris à Tokyo. Cette méthode porte le nom du botaniste japonais Akira Miyawaki, qui observa que les forêts protégées situées sur les terrains des temples japonais — connues sous le nom de chinju-no-mori — étaient nettement plus résilientes et biodiverses que les plantations forestières commerciales. Leur secret ne résidait pas dans la technologie, mais dans la biologie et les mécanismes naturels de compétition.
Mais comment fonctionne-t-elle exactement ? La méthode Miyawaki rompt avec le jardinage traditionnel, selon lequel les arbres sont plantés avec de grands espacements et de manière ordonnée. Elle repose sur trois principes : premièrement, le sol est fertilisé par l’incorporation de matière organique naturelle ; deuxièmement, on utilise exclusivement des espèces végétales natives, des graines et des arbres autochtones, déjà naturellement adaptés à la zone ; troisièmement — et c’est l’aspect le plus contre-intuitif —, on procède à une plantation à densité extrême, de 3 à 5 arbres par m².
Le résultat est fascinant : plantés si près les uns des autres, les arbres entrent dans une course effrénée vers la lumière solaire. Au lieu de développer de larges branches et cimes, leur énergie se concentre sur une croissance verticale accélérée. Les données sont éloquentes : une forêt Miyawaki croît jusqu’à 10 fois plus vite qu’une plantation conventionnelle, atteint une densité 30 fois supérieure et abrite 100 fois plus de biodiversité. Comme si cela ne suffisait pas, après 2 à 3 ans d’arrosage et de soins, la forêt devient entièrement autosuffisante.
Grâce à cette méthode simple et élégante, il n’est pas nécessaire de disposer de vastes étendues de terrain ; sa scalabilité et son accessibilité sont manifestes. Des mini-forêts urbaines ont été créées avec succès dans des espaces aussi réduits qu’un terrain de tennis ou une place de stationnement. Une méthode qui nous rappelle que, lorsque nous collaborons avec la nature, celle-ci possède une sagesse innée lui permettant, après une impulsion initiale, de se régénérer à une vitesse remarquable.
Par David González Molina, gestionnaire BIM au Département d’Architecture d’Amusement Logic


