Tyrolienne

Le terme tyrolienne peut désigner :

– une habitante du Tyrol, région à cheval sur l’Autriche et l’Italie.

– un système de transport sur filin (corde ou cable le plus souvent), sans doute utilisé dans cette région accidentée du Tyrol.

– une méthode de chant, originaire de cette même région du Tyrol : voir Tyrolienne (chant)

– une machine à crépir facilitant un travail de finition de façade initialement pratiqué par des maçons tyroliens.
Système de transport sur filin

La tyrolienne est un mode de déplacement utilisé pour la traversée en hauteur d’un obstacle dénivelé comme une douve ou autre cuvette naturelle ou artificielle.

Le Tyrol est une région alpestre pour la plus grande partie située en Autriche et pour une autre de moindre superficie faisant partie intégrante de l’Italie du Nord Est. Dans cette région accidentée, l’usage de ce type de dispositif devait être pratiqué sinon courant ce qui explique peut être l’appellation de « tyrolienne ».

Une tyrolienne peut être globalement horizontale ou nettement inclinée. Dans ce dernier cas, on lui donne plus facilement les noms anglo-saxons de « taggle rope » ou « zip line ».

Les téléphériques sont d’autres modes de transport suspendus sur filin qui présentent une plus grande sophistication dans les matériels et les méthodes d’installation, ainsi qu’une plus grande robustesse.

Le parcours sur une tyrolienne varie selon le but et l’équipement de la traversée.

But de la tyrolienne

– Une tyrolienne peut être une méthode d’entraînement physique, utilisée par exemple dans l’armée (commando) ou en sport de plein air (spéléologie, alpinisme, parcours aventure en forêt,..).

– Une tyrolienne peut être plus prosaïquement un moyen de transport pour les personnes ou les biens (matériel, animaux,..) dans les régions pauvres et/ou accidentées où la construction d’un pont ou d’une passerelle n’est pas envisageable

Equipement de la tyrolienne

– L’équipement le plus simple,ne nécessite aucun appareillage autre que le filin (corde, câble..). Son usage est réservé au passage des personnes. L’individu est couché sur la corde (la face de la tête contre la corde ou le câble). Il se retient avec une jambe pliée sur cette corde. L’autre jambe est pendante. La progression se fait par la force des bras. Cette méthode est longue, pénible et dangereuse. Elle est cantonnée à de courtes traversées et/ou à des exercices purement sportifs.

– La tyrolienne peut également comporter une poulie qui glisse le long du filin et facilite ainsi la progression. Utilitaire dans un premier temps, cette technique est désormais adoptée comme attraction dans les parcs de loisirs dans le cadre d’un parcours acrobatique.

Installation de la tyrolienne

Il existe plusieurs variantes d’installation de tyrolienne, selon le nombre de cordes, le type d’amarrage aux extrémités et la nature de l’équipage mobile.

En particulier, l’amarrage des filins aux extrémités peut être soit fixe, soit réglable par contrepoids. Cette dernière disposition est de loin préférable pour les longues installations.

Historique des tyroliennes

On peut faire remonter la création des parcs acrobatiques aux années 1930, dans les Dolomites italiennes. Afin de traverser, de façon aérienne et plutôt sportive, un précipice séparant deux aiguilles rocheuses, il arrivait que l’on tende entre ces deux pics une double corde, sur laquelle les téméraires pouvaient se coucher et « ramper » dans les airs. Cet aménagement et l’exercice qui suivait portaient le nom de « tyrolienne » (voir plus haut).

Une très longue tyrolienne avait été lancée en août 1997 en ex-Tchécoslovaquie à travers les gorges de Zadiel, en marge du congrès international de spéléologie, organisé en parallèle par l’UIS à la Chaux-de-Fond (Suisse). Constituée d’une seule corde de 12 mm de diamètre, sa portée était de 847 mètres. Voir VEL’KY TRAVERZ.

La dernière plus longue tyrolienne du monde sur corde a été réalisée par le Spéléo Secours Français (SSF), commission spécialisée de la Fédération française de spéléologie (FFS), sur la commune de Rencurel (Isère), près du lieu-dit La Balme de Rencurel, entre le 21 et le 24 août 2008, dans le cadre du IVè Congrès spéléologique européen Vercors 2008. L’ouvrage, installé au dessus du hameau de La Valette entre le Pas des Rages (1 100 m) et le flanc est du Perrelier (860 m), avait une portée de 1096 mètres pour une dénivellation de 240 mètres environ. Il était constitué d’une seule corde statique de 10,5 mm de diamètre conçue et fabriquée spécialement par la société Cordes Courant. Cette tyrolienne fut baptisée « Tyrolienne Pierrot Rias » (TPR) en hommage au spéléologue Pierre Rias, co-fondateur du SSF, décédé en juin 2008. Le record a été homologué par un officier de police judiciaire de la gendarmerie.

Machine à crépir

La tyrolienne ou machine à crépir est également une boite en tôle électro-zinguée pouvant projeter de l’enduit de façade sur les maçonneries grâce à l’action d’un rotor, muni de lamelles en acier inoxydable. À un certain moment de la rotation, ces lamelles sont bandées vers l’arrière par un butoir réglable (la butée) puis en continuant la rotation, les lamelles sont brusquement relâchées pour venir taper sèchement contre un arrêtoir se trouvant sur le rotor.

Cette action a pour but d’éjecter avec précision la matière hors de la machine en millions de gouttelettes. La machine permet d’obtenir facilement des plus beaux crépis du plus fin aux plus variés par projection de ciments, mortiers, mélanges tout-prêt.

Le nom de « tyrolienne » (machine à crépir) provient d’une ancienne méthode de finition de façades par des maçons venants de cette région italo-autrichienne. Au vingtième siècle beaucoup de ces travailleurs sont intervenus sur les chantiers français. A l’origine ces maçons donnaient la dernière couche de crépis pour la finition des façades (mortier de sable souvent teinté avec du ciment blanc et de la chaux blanche) en trempant un balai de bouleau dans un lait de ciment et en donnant un choc sur celui ci de façon à projeter d’une façon régulière cet enduit de finition. Il existe une variante pour appliquer cette couche de finition. La projection se fait « à la truelle ». Cette façon demande une certaine habileté pour étaler un grain régulier. Toutes ces méthodes se sont donc appelées naturellement « balai » en langage professionnel et populaire de chantier. L’inventeur de l’appareil mécanique (tyrolienne) a eu l’idée de remplacer cette méthode dite « balai ». Il s’est donc inspiré du lieu d’origine de ces maçons pour dénommer sa trouvaille et déposer la marque. Aujourd’hui ce travail s’exécute le plus souvent à l’aide d’un pistolet et d’un compresseur d’air. Très souvent le produit de projection est livré en sac ou dans des silos avec la teinte désirée. Ce produit est dit « monocouche »