Un projet qui s’intègre dans les grands chantiers structurants de la capitale.

La réalisation d’un nouveau Parc Zoologique dans la banlieue ouest de Rabat s’intègre dans la démarche globale de développement propulsée dans la capitale et va de pair avec les grands chantiers structurants, tel le plan d’aménagement de la vallée du Bouregreg, a estimé le Haut Commissaire aux eaux et Forêts et à la lutte contre la Désertification (HCELS), M. Abdeladim Lhafi.

Dans un entretien à la MAP, M. Lhafi a souligné que la capitale ne disposait pas d’un jardin zoologique.

Selon « la terminologie universelle » mais d’une « espèce de ménagerie dotée de certaines espèces animales », qui ne réunissait pas les conditions d’un éventuel réaménagement. Ce constat avait amené les pouvoirs publics à opter pour la réalisation d’un nouveau parc zoologique « d’une dimension conforme aux standards internationaux ».

Le nouveau zoo « va de pair avec les grands chantiers en exécution à Rabat. Il était nécessaire de compléter ces chantiers par un grand projet d’égale valeur et d’égale qualité ».

Cinq mois après le lancement officiel des travaux, le nouveau Parc Zoologique est en train de sortir de terre. Le chantier progresse et les infrastructures de base sont déjà visibles : la clôture délimitant le parc sur 50 ha est achevée, les fossés de sécurité, le terrassement et la voirie sont en cours d’achèvement.

L’échéancier pour le lancement des marchés a été tenu, a assuré le Haut Commissaire, soulignant que le Maroc s’est entouré dès le départ des « meilleures expertises aux références mondiales reconnues » et de spécialistes dans un « ensemble de métiers ayant une formation pointue » pour pouvoir respecter un calendrier « extrêmement serré ».

Un projet conforme aux standards internationaux

Le projet devra être, en effet, terminé en 2010 avant l’ouverture du zoo au public début 2011. Mais au delà de l’expertise internationale, notamment celle de Singapour, qui a accompagné le Maroc jusqu’au démarrage des travaux, le Maroc a veillé à développer un « savoir-faire au niveau marocain ».

Le Haut Commissaire relève avec fierté que le cabinet d’architectes et le bureau d’études et d’ingénierie et d’autres structures portant ce projet « sont tous marocains ».

M. Lhafi a souligné la dimension moderne de ce projet « conforme aux standards internationaux », précisant que son implantation dans l’espace boisé de la « ceinture verte » à la sortie de Rabat près de l’autoroute menant à Casablanca en fera « un passage obligé » et profitera à près de 9 millions d’habitants résidant à 100 Kms à la ronde de la capitale (Casablanca, Témara, Mohammedia, Kénitra).

Son attraction sera d’autant plus grande qu’il bénéficie de plusieurs voies d’accès du fait de sa proximité de l’axe autoroutier, de la gare routière de Rabat, de la gare de train de Témara et des moyens de transports public.

Adjacent au complexe sportif Moulay Abdallah, le nouveau zoo profitera également des parkings spacieux du stade.

Une forme d’attractivité assez évoluée

Outre cette bonne desserte, ce zoo promet de « répondre vraiment à une forme d’attractivité assez évoluée » proche de celle du zoo de Singapour, une référence mondiale.

Le zoo « va être évolutif », assure M. Lhafi. Dans un premier temps, il sera ouvert au public pendant le jour avant de se transformer ultérieurement en « Night Safari » afin d’exhiber la faune qui ne sort que la nuit.

L’installation évoluera également en tant que destination d’un « tourisme d’affaires » avec l’implantation de motels, de centres de conférences et d’espaces de restauration dans un « espace ouvert » permettant de voir des girafes ou des éléphants à travers des terrasses.

Le haut commissaire insiste sur cette dimension ouverte du nouveau parc zoologique. Les animaux ne seront pas offerts à la vue du public dans des cages mais évoluant dans leurs milieux naturels.

Chaque zoo ayant son « pôle d’excellence, celui de Rabat aura une collection de faune saharienne, de faune africaine et de faune marocaine ». D’où le gros travail de « reconstitution de cinq ou six grands écosystèmes » (zones humides, zones tropicales) et de « recomposition en miniature » de chaque faune pour favoriser son évolution dans le milieu naturel.

Pour la faune marocaine, il faudra, par exemple, reconstituer l’écosystème des montagnes de l’Atlas par des collines et des falaises d’une vingtaine de mètres de hauteur, faites de roches artificielles, pour abriter les « espèces énigmatiques » du Maroc, tels que le Lion de l’Atlas, le mouflon à manchettes et le singe magot.

Pour la faune saharienne (Antilopes Oryx et Addax, gazelles, autruches), la création de paysages arides, sablonneux et rocailleux s’impose.

La reproduction d’habitats marécageux ou de paysages de forêts denses est également prévue pour les espèces aquatiques (hippopotames…) ou d’origine tropicale (chimpanzés).

Des sensations fortes

En plus de présenter des animaux dans leurs milieux naturels, les concepteurs promettent une autre nouveauté pour garantir le frisson par l’effet de face à face avec des animaux.

Les sensations fortes seront au rendez-vous à la vue, à travers des baies vitrées ou des lames de verre ou d’eau, des crocodiles et des hippopotames.

Mais au delà de cet aspect récréatif du futur parc zoologique, M. Lhafi insiste sur le volet éducatif qui sera développé grâce à des parcs de jeux interactifs pour les enfants, d’évènements didactiques pour faire connaître la richesse du Maroc en termes de biodiversité de la faune et de la flore et contribuer à l’éducation à l’environnement et au développement durable.

Le Maroc est un pays « extrêmement riche en biodiversité et il est pratiquement placé en deuxième place après la Turquie » mais cette biodiversité, souligne le Haut Commissaire, est « très fragile » en raison de la pression qui s’exerce sur les milieux naturels à travers la croissance démographique et les usages agricoles.

D’où la nécessité de programmes de reconstitution et de restauration des écosystèmes dans leurs milieux naturels lancés à travers le Maroc et dont le futur parc zoologique de Rabat tirera profit.

Cette partie du zoo a son « prolongement sur le territoire national » à travers les aires protégées, les parcs nationaux, les réserves biosphères, où le Haut Commissariat aux eaux et Forêts et à la lutte contre la Désertification a franchi des étapes « extrêmement importantes pour la restauration de la faune marocaine ».

Exemples. Le Parc Souss-Massa a une collection importante de gazelles et d’antilopes de même que les provinces du sud ont une aire protégée dans laquelle des animaux ont été relâchés dans leur milieu naturel et « commencent à s’y reproduire ».

Dans la zone de Msissi, située entre Ouarzazate et Errachidia, le Haut Commissariat a procédé aussi au lâcher d’antilopes sahélo-sahariennes.

L’aire protégée située près de Taza est, de son côté spécialisée dans le cerf de Berbérie, un animal autochtone qui était « pratiquement en voie de disparition et qui est en train de se reproduire ».

L’aspect recherche a été également intégré pour permettre une ouverture du zoo sur le monde universitaire et sur les gestionnaires des espaces en vue « d’initier un certain nombre de recherches sur les plan génétique et comportemental » de la faune.

Par Madani Mansour
MAP